Category: Décembre 2015

Noël en famille à Istanbul

Après leurs 3 800 kms à vélo en 3 mois à travers l’Europe, on a pensé que les vacances de Noël étaient une bonne occasion pour nous les 2 familles de retrouver nos cyclos-voyageurs avant leur échappée vers l’Asie.
C’est donc à 7 que nous débarquons à Istanbul le 21 décembre.Istanbul_0720
Comme Léa et Logan sont déjà arrivés depuis la veille au soir, ils nous font la surprise des retrouvailles à l’aéroport et nous conduisent à notre résidence de la semaine.

Belle découverte pour tous que cette surprenante ville d’Istanbul, à cheval sur 2 continents, pleine de contrastes, beau mélange d’Orient et d’Occident, qui s’étend toujours alors qu’elle compte déjà plus de 15 millions d’habitants.Istanbul_0068-2

Les vélos sont rangés pour la semaine et c’est les chaussures (bien cirées par des spécialistes locaux !) que l’on use à travers les quartiers de Galata et sa Tour, sur les quais de la Corne d’Or, les pavés des ruelles du bazar égyptien, le marbre de Ste Sophie, les marches des mosquées, les pierres de la citerne basilique, le pont du bateau sur le Bosphore, le labyrinthe du grand bazar, les jardins de Topkapi
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Le vendredi 25, on se rappelle que c’est Noël ailleurs mais ici tout vit comme une journée ordinaire, seuls les quartiers commerçants sont ornés de guirlandes et décorations de fêtes.Istanbul_0131-

Les palais nous laissent imaginer une autre vie en préférée du sultan ou nous font apprécier de ne pas avoir été gardien eunuque.
Les vendeurs des célèbres bazars nous font découvrir des techniques commerciales certainement issues de grandes écoles de commerce…
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Le temps parait suspendu pendant la cérémonie-spectacle des Derviches tourneurs : Bercés par la musique soufie et hypnotisés par les danses, certains planent, d’autres …. s’endorment !

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Et dites au fait, c’est quoi les bains turcs ?
Alors entrée par la grande porte luxueuse pour les gars et par la petite porte à l’arrière pour les nanas, on s’offre le full-service : après une suée efficace dans une ambiance moite sur une plaque de marbre chaude, on nous gomme, on nous frotte, on nous masse énergiquement sous un nuage de bulles mousseuses, suivi de rinçages à la cuvette (en cuivre SVP), on sèche de nouveau installés sur la pierre chaude et hop, tout propre. À noter que côté hommes sur le marbre se trouvait une serviette et un oreiller et le thé ponctuait la fin du service mais rien de tout ça côté femmes…
Mais mince Puffy n’était pas avec nous, il est toujours aussi sale, on se console car ses coutures n’auraient sans doute pas résister à un décrassage aussi vigoureux !
Pour une séance détente typique, nous ne résistons pas au bar à Narguilé…

La fin du séjour arrive trop vite et chacun fait ses dernières emplettes, on compresse le tout dans les valises pendant que les sacoches vélo se gorgent à nouveau d’utiles et indispensables. 30 kg est le poids maxi pour chacun : valise de retour vers Lyon ou vélo+sacoches en partance pour New Delhi.
Sachant que chaque vélo pèse 15 kg, la soustraction est facile en arithmétique mais très étudiée pour la suite du voyage. Puffy se réjouit de ne peser que quelques grammes et de ne pas avoir abuser des loukoums.

Lundi 28 décembre vers 10h des scènes incongrues et mémorables sont tournées à l’aéroport Atatürk :
Scène 1 : comment faire passer un vélo aux portiques de sécurité ?
Après avoir réfléchi longuement entre le tapis roulant ou le portique, les agents de contrôle laissent tomber, examinent les vélos attentivement et les laissent passer sans être scanner.
Scène 2 : Comment enregistrer ces mêmes vélos pour les caser en soute ?    Velos

D’abord bien les emballer : tous les bras sont utiles pour enrouler le papier bulles, tirer la ficelle, dérouler le scotch, démonter les pédales, tourner le guidon, dégonfler les pneus, protéger le dérailleur. Une heure de bricolage et hop ils sont embarqués et peser … et Puffy s’est sagement glissé dans le bagage à main de Léa…

Première partie du voyage terminée !

Ca y est, arrivés à Istanbul.

On remercie tous ceux qui nous suivent, la famille et les copains, et on vous souhaites un joyeux Noël.

Soyez rassurés, on prend soin de Puffy.

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La Communication

Quelques minutes de perplexité à Alexandropolis, devant ces panneaux que nous croisons quelques fois.

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« Vous vous exposés à une chute si vous rencontrez malencontreusement un obstacle alors que vous êtes debout sur votre guidon de vélo ». Mais après un élan de lucidité et une rotation de la tête de 45°, le message du panneau s’offre à nous avec évidence. Et oui, héhé, on est juste devant une voie ferrée.

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On aime beaucoup aussi certains panneaux turcs. « Si vous apercevez des parapluies ouverts, il est possible que la route soit glissante ».

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Jusqu’au bout de l’Europe

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On profite bien des quelques jours de repos à Kavala. On repousse plusieurs fois le départ de l’appartement confortable de notre hôte, et on reprend finalement la route pour les 450 derniers kilomètres après 5 nuits dans des lits. Ah, le piège du confort. C’est plutôt rude de rester indifférent. 

Quinze kilomètres plus loin, on croise un autre couple de cyclo-voyageurs, Nicolas et Camille. Musiciens, ils ont descendus le Danube en kayak, et continuent maintenant leur voyage en vélo. (Leur site internet: https://depagaiesenpedales.wordpress.com/). On décide de bivouaquer ensemble le soir même. Plus que 435 kilomètres jusqu’à Istanbul. L’efficacité, c’est important.

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Les derniers jours en Grèce s’enchainent. Les exploitations agricoles sont énormes, des hectares de cotons et d’oliviers. Les oiseaux sont partout, et on perd franchement du temps à essayer en vain de les prendre en photos. Il n’y a bien que Puffy qui accepte de prendre la pose.

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Les nuits sont fraiches, le vent se lève le jour où l’on traverse la frontière turc. Grosse présence militaire, l’ambiance est beaucoup moins bon enfant qu’avec les précédentes frontières. Les collines ne sont pas non plus bon enfant, la route est en ligne droite, 1km de descente et 1km de montée. L’entrée en Turquie n’est pas des plus facile.

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Le vent tombe et les choses s’améliorent d’elles-même. Un peu de souffle peu facilement ébranler le charme du voyage en vélo. On découvre la Turquie, qui contraste avec le reste de l’Europe, et qui semble en pleine effervescence. La population a visiblement décuplée, les immeubles et usines poussent de partout, les engins de chantier nous doublent, et la route est la 8ème merveille du monde. Autre nouveauté, les chiens de bergers d’Anatolie, aussi appelés Kangals. Il sont énormes, puissants, rarement attachés, et avec un collier clouté autour du cou. On en croise beaucoup, dans les villages ou près des troupeaux. On ne s’amuse pas à les taquiner avec le klaxon, ils n’ont pas un très grand sens de l’humour.

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Les derniers kilomètres nous font entrer dans l’agglomération d’Istanbul. On ne fait pas les fiers dans cet immense mégalopole de 15 millions d’habitants, soit 5 fois la population de l’Albanie. On enchaine les 2×3 voies et 2×4 voies pour finalement arriver près du détroit du Bosphore, au bord du continent européens. La première partie du voyage est terminée !

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Épisode 7 : Puffy et la douche.

Puffy et la douche. Une grande incompréhension depuis le départ. Un échec pour nous. On a toujours pas réussi à le laver. En ces temps de COP21, il nous sort l’argument écolo : « une douche vaut mieux qu’un bain, mais pas de douche du tout, c’est révolutionnaire ». Même les vélos ont essayé de lui montrer l’exemple. 

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COP21 ou pas, c’est la machine à laver qui l’attend…

En Grèce, Puffy vole plus vite que les mouettes

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Après la chaleureuse rencontre avec Vergos, nous sommes allés à Giannitsa, prendre une bière et profiter du soleil retrouvé. Comprenez journée vélos au repos. Ma foi, on n’est pas pressés.

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On se retrouve le soir dans un petit village pas très loin, à demander de l’eau au prophète. Si si, dans ce petit village se promenait paisiblement, dans sa grande robe bleue, avec un loin baton, le pasteur orthodoxe et sa femme. Oui, oui, sa femme. On marche donc, le pasteur avec son grand baton et nous avec nos gros vélos. La discrétion incarnée. D’autant plus que sa femme en profite pour parler à tous les habitants qu’on croise de notre voyage. On finit par tomber sur une dame qui parle allemand et anglais. Tou devient beaucoup plus facile. Avec 2-3 personnes en plus accompagnant le petit groupe, on est déposé dans le parc qui entoure l’église. On peut planter la tente ici ! Ou si on préfère, il y a l’air de jeux pour enfants juste à côté où l’an dernier, un cyclo-voyageur belge a planté sa tente. On n’est pas les premiers. D’habitude, on se débrouille pour planter la tente à l’abri des regards, à l’extérieur d’un village… Cette nuit, on est en plein milieu ! Vaso, la dame qui parle allemand et anglais, nous invite chez elle à prendre un café le lendemain matin.

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On est content de découvrir que les clochers ici ne sonnent pas toutes les 30 minutes. Le 4 décembre c’est la sainte Barbe, on ne sait pas ce qu’a fait ce saint, mais il y a une messe particulière et on nous offre de la soupe aux fruits au réveil. On enchaine avec le café chez Vaso, qui devient un petit déj’, qui devient une invitation à rester jusqu’à demain, pour un pic-nic en famille ! On accepte avec plaisir. Comme on vous l’a dit, la météo, c’est plus la même. Samedi dernier, barbeuc au soleil tout l’aprem, 4 générations autour de la table. Avec ceci, une quiche lorraine et un crumble aux pommes, de la sauce tzaziki, des grillades de poulet.

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Et surtout, du tsipouro. La rakia ou raki qu’on nous propose depuis la Slovénie a changé de nom. En Grèce c’est tsipouro, ou ouzo. Le degré d’alcool est toujours aussi élevé. Le premier litre de tsipouro est bu, suivi du deuxième.

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On a voulu parler un peu politique, comme on aime bien le faire. Tsipras a-t-il changé quelque chose ? « Avant Tsipras, on faisait des barbecues, pendant on en fait encore et après, on en fera toujours ! ». Ils savent qu’ils ont de la chance, ils ont tous un travail qui les abritent de la crise, alors pour eux, pas tellement de changements.

On les quitte dimanche, des recettes greques plein les poches. On a hésité longtemps, Thessaloniki ou pas Thessaloniki ? Non, on ne passera finalement pas dans la deuxième ville greque. Cette remise en selle n’aura pas été facile. Nos corps suent le tsipouro. Mauvais. Puffy se demande s’il a les mêmes propriétés que l’ail, à savoir éloigner les moustiques… À méditer. Au détour d’une colline, on se retrouve enfumés. Au début, on pense à un barbeuc. Non, plus gros. Merde, un feu de forêt ? Non, cette étrange fumée n’a pas d’odeur. On conclut que c’est du brouillard. Il y a 200m, on était au soleil, on passe simplement cette colline et c’est la purée de pois. On n’y voit plus rien et de toute façon c’est la fin de la journée. On trouve un jardin à Lagina. La famille est tout autant chaleureuse que les précédentes rencontrées. On nous informe qu’ici, il y a en quelque sorte un micro-climat. Ce brouillard est très fréquent en hiver, il dure en général 2-3 jours… Par semaine. Alors que de l’autre flanc de la colline est ensoleillé ! On repart le lendemain, chargés de petits fours, patisseries et d’un demi kilo de spaghettis. Malgré la question qui fait hésité « vous allez roulés avec ce brouillard ? On n’y voit rien, vous pouvez rester si vous voulez. »

Puffy nous rappelle que si on a des lampes, c’est bien pour s’en servir !

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Cinq heures dans le brouillard plus tard, il disparait quand on découvre la mer. Heureux de la retrouver, avec les champs d’oliviers et le sable de la plage. On ne quittera plus le long de la côte jusqu’à Istanbul, qui n’est plus très loin maintenant.

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La Grèce nous change définitivement des Balkans, l’agriculture y est très présente et bien mécanisée. Après avoir aperçu les sécateurs à air comprimé dans les champs d’arbres fruitiers, on passe à l’enfumage dans les oliviers. Mais sur le bord des routes grecs, tu peux tout aussi bien tomber sur d’énormes vestiges du passé. 

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À Kavala nous attend Luke, contacté par warmshower. On parle de voyages, on joue avec ses chiens, on fait du shopping. Quelques jours fort agréables en sa compagnie.

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Merci !!!

Le Père Noël est d’accord avec nous, c’était un super cadeau !!

Ca m’a fait bien plaisir, je pense aussi fort à vous tous.

Des grosses bises de Grèce !

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Flash spécial évènement !

Interruption momentanée
pour diffusion d’un flash spécial
le 4 décembre 2015…

Le thermomètre préfère la Grèce

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C’en est fini de la pluie et on continue notre route très vite en direction de la chaleureuse Grèce. C’est pas souvent qu’on lave le linge. Encore moins qu’on prend un chemin boueux. Mais il a fallu que ce dernier soit le lendemain de la lessive. Il n’y a pas de justice. Toujours se méfier des raccourcis en Albanie.

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Première et dernière nuit sous la tente dans ce pays, dimanche dernier, à 950m d’altitude. Soupe soluble pour réchauffer le thermomètre qui descend un peu dans les négatifs. On s’habitue trop vite au confort.

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Le passage d’une frontière est toujours un moment excitant. On bouge, on avance, c’est nouveau ! Les douaniers, plutôt que nous fouiller, nous demandent s’ils peuvent essayer notre klaxon. Qui ne fonctionne d’ailleurs plus. Paix ait son âme. Un panneau « Welcome to our country » aux côtés d’une route fraiche en construction nous souhaite la bienvenue. On file sur le goudron jusqu’à Kastoria en prévision d’une pause pic-nic. Le hasard en décide autrement quand un homme en voiture nous interpelle: -« Logan ? ».  « Merde, on vient à peine d’arriver et on nous connais déjà ? » Et voici Harrys avec qui nous avions discuté sur warmshower, mais ce n’était pas possible de se rencontrer, mauvaises dates. Finalement si, avec un joli concours de circonstances ! On passe un bel aprem en sa compagnie, à visiter la ville réputée pour ses fourrures. Partout des publicités de femmes en manteau carressent la douceur de leur épaisse capuche. D’après notre hôte, c’est surtout les russes les premiers clients. Les gens d’ici n’en ont pas besoin, il fait pas assez froid ! M’enfin ça contraste sacrément avec le précédent pays.

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Le lendemain, on s’attaque à notre dernier col avant la redescente jusqu’à la mer. En haut, on savoure cette instant. De 1200m, on sait que c’est le niveau zéro qui nous attend. Des bergers et leurs troupeaux qui cabriolent dans les rochers, on passe à la plaine et à ses champs d’arbres fruitiers. Des champs immenses, l’agriculture moderne ! Le décalage est saisissant. Les paysans sur leurs tracteurs traitent dans un nuage de fumée leurs terres avant l’hiver. Nuit sous tente au bord d’un lac, pas de doute, la côte n’est plus très loin.

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On s’arrête dans le village de Trifilli le lendemain à la recherche d’un jardin, espérant nous faire comprendre en anglais. On demande à une maison, à grand renfort de gestes. « Yes, no problem. Coffee ? » La porte s’ouvre immédiatement en grand et Vergos, qui vient de se servir un frappé, file nous en préparer un. Après la sauce tzatziki et les pitas, on découvre cette boisson rafraichissante. Un frappé, c’est un café bien secoué, avec des glaçons. La température a définitivement changé..

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Vergos est très bavard, on rigole beaucoup mais on comprend peu ! Le grec, c’est pas encore ça. Les dessins et les gestes aident. Giorgos (prononcé Yiorgos, enfin Georges quoi), son ami, nous accompagne pour une chouette soirée. On apprend le mot « malaka », surement le plus utilisé en Grèce. C’est pour insulter le camion qui double trop près, accueillir un copain, ou bien pour parler des politiques. On trinque à la France ami, mais pas à l’Allemagne. Merkel n’est pas la grande pote des grecs. On découvre de superbes chansons. Et il y a un iguane dans la maison !

http://m.youtube.com/watch?v=iOFt8kgpuHg

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