Category: Février 2016

Alerte enlèvement !

Une tragédie s’est produite le 23 février au soir. La journée s’était remarquablement bien passée, et rien ne nous préparait à un bouleversement de ce genre. Dans la pénombre du début de soirée, une des sandales de Léa a été kidnappée…

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Vraisemblablement cette sale besogne aurait été accomplie par un gang de chiens errants entrainés. Nous avons dessiné le portrait robot du principal suspect, le leader, et n’avons pas tardé à le retrouver. C’est un dur, il ne nous a pratiquement pas lâché un mot. Ses motivations pour son cruel agissement ne sont pas encore clairement connues. Et bien sûr, aucun indice pour tenter une vaine localisation. Toujours aucune trace d’elle après avoir patiemment fouillé les environs. Pauvre sandale qui doit giser seule, abandonnée. Et pauvre Léa qui doit maintenant marcher à cloche-pied.

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J’peux pas, je dois laver mon éléphant

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 Au début, on avait plutôt en tête l’Inde du Nord, mais on a décidé de faire un petit détour par Hampi. Les descriptions enthousiastes de tous ceux qui nous en ont parlé nous ont séduit sans trop de difficultés, et c’est devenu l’objectif de ce mois de février. On embarque pour une bonne vingtaine d’heures de bus pour aller 500 kms plus au Sud. Le nord du plateau du Deccan est plutôt sec, mais notre destination est un oasis de verdure. Le contraste est étonnant. Rizières, champs de cannes à sucre, bananiers et cocotiers. Et un énorme chaos granitique de couleurs rose/ orange parsème le paysage. À une dizaine de kilomètres de la ville déjà des temples appairassent ça et là. Oui parce qu’en fait, Hampi est l’ancienne capitale du royaume de Vijayanâgara, empire hindou qui a duré du XIIIème au XVIème après JC.

P1130801Hampi était une grande ville prospère de 500 000 habitants. Les empereurs moghols ont fait campagne pour rayonner sur le Sud de l’Inde et une armée de plusieurs sultannats a repoussé les habitants et détruit la ville.

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Pour visiter ce site digne d’Atlantide ou d’un film d’Indiana Jones, tu peux marcher, mais vue l’étendue des ruines, c’est pas l’idéal. Les rickshaws et taxis sont à l’affut. Mais on peut aussi louer une moto… ou un vélo! Ça, c’est une option qu’on aime héhé. Nos mollets sont plein de nostalgie depuis leur arrivée en Inde.

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Éparpillés un peu partout se trouve des restes de murailles, d’anciens bazars, des bassins, des temples plus ou moins préservés et des statues monumentales. Ce lieu est plein de magie. Sur cette colline serait né Hanuman le dieu Singe. Sur celle-ci, Shiva aurait été perturbé dans sa méditation par la déèsse de l’amour. Il aurait alors ouvert son troisième oeil et l’aurait réduit en cendres, détruisant en même temps une partie de la roche et créant en bassin naturel.

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Quelques dreads dans le granite.

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La saison touristique se termine au fur et à mesure que la température monte. De nombreux voyageurs sont encore présents, malgré la chaleur qui devient écrasante. Entre 9h30 et 16h30, le thermomètre oscille indécis entre 37 et 38 degrés. Le ventilo tourne toute la nuit dans la hutte où l’on dort. C’est la fin de l’hiver ici, c’est pas encore les grosses chaleurs. On supporte avec le sourire.

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 L’ambiance est vraiment singulière, c’est un peu le rendez-vous des hippies, et des grimpeurs. Avec les superbes blocs de granite, c’est évidemment devenu un site réputé d’escalade. Certains sont juste de visite pour une poignée de jours. Beaucoup de voyageurs restent aussi plusieurs semaines, voir plusieurs mois. À 17h30, tout le monde se regroupe au « sunset point view », pour admirer la vue, le coucher de soleil et jouer de la musique. 

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C’est un peu les vacances dans le voyage. 

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Dans la fraicheur du basalte

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On quitte Udaipur et le Rajasthan avec un bus de nuit pour l’état plus au Sud : le Gujurat. Le trajet est dramatiquement court et on nous dépose à Ahmedabad à 3h du matin au bord du périphérique, dans une calme obscurité. Ahmedabad est une ville gigantesque, qui depuis les années 2000 a vu passer sa population de 2 à 4 millions d’habitant. Faisant preuve de courtoisie, on décide d’attendre le levé du soleil pour rejoindre notre hôte couchsurfing. C’est quand même la moindre des choses un dimanche matin. 🙂

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On est chanceux, on nous a laissé juste devant la gargote la plus réputée de la ville ! Ouverte pratiquement 24h sur 24. Proposant du thé et tout un tas de spécialités culinaires dont les noms divers et variés essayent en vain de se faire une petite place dans nos mémoires. Arf. On change trop vite de région et de spécialités. Et on se fait des copains, des infirmiers qui partent travailler, des jeunes qui rentrent de soirée et deux jeunes gars qui reviennent d’un footing. À 4h du matin un dimanche. Ils sont fous les indiens.

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Le Gujurat est le dernier état indien dans lequel la prohibition est toujours d’actualité. Les habitants n’ont absolument pas le droit d’acheter et de consommer de l’alcool. Les voyageurs, eux, peuvent obtenir un permis spécial pour pouvoir en acheter dans les magasins du gouvernement, en fournissant photo d’identité, photocopie du passeport, etc… Les formalités en Inde, ça rigole pas.

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Vikram est un couchsurfeur passionnant avec qui nous avons des discussions interminables, principalement sur l’incroyable diversité de l’Inde. Gandhi, personnage qui fascine et qui inspire remarquablement l’Occident, ne fait pas l’unanimité dans son pays d’origine. Il est parfois même vivement critiqué pour certaines positions qu’il tenait, défendant les musulmans en minorité et refusant le partage Inde Pakistan.  Les tensions inter-communautaires sont aujourd’hui encore très importantes entre musulmans et hindous. Et la question du Cachmire indien est toujours délicate. Les montagnes sont des régions stratégiques pour les pays, avec les sources des grands fleuves et les ressources minérales. Un conflit avait opposé la Chine à l’Inde dans les années 60 pour le contrôle d’un territoire tribal dans le Nord Est de l’Inde actuel entre le Bhoutan et la Birmanie. L’Arunachal Pradesh possède en effet d’énormes réserves d’uranium. L’Inde est un pays qui commence a vraiment peser sur la balance mondiale. Sa population dépassera celle de la Chine dans une dizaine d’années, et malgré ses énormes inégalités, son marché interne est en pleine expansion. Les multi-nationales étrangères se disputent le pays, et les conglomérats indiens comme Tata ou Mittal se payent des entreprises célèbres comme Jaguar et Land Rover en Angleterre et Arcelor en France.

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Visite de l’ashram où Gandhi a passé une grande partie de sa vie à son retour d’Afrique du Sud.

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La ville a du mal à maitriser sa surpopulation et à coté de superbes sites historiques fleurissent des sortes de bidonvilles. 

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La période musulmane a laissé de nombreux vestiges, comme des puits monumentaux superbement sculptés, des mosquées sans minarets avec une forêt de colonne à l’intérieur, et un bassin de plusieurs hectares. Un saint soufi mystique du XIVème siècle ayant vécu jusqu’à l’âge de 111 ans est adoré. Les femmes portant la burka sont plutôt nombreuses. Elles contrastent étonnamment avec les femmes en saris de toutes les couleurs.

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On reprend un bus de nuit pour aller à Aurengabad, au nord du plateau du Deccan. Un petit peu de géologie. 🙂 Lorsque l’Inde s’est détachée de l’Afrique pour aller à la rencontre de la plaque eurasiatique et former l’Himalaya, elle est passée par le point chaud de la Réunion dans l’océan Indien. Elle aurait connu un énorme épisode volcanique il y a entre 60 et 68 millions d’années, les coulées de basalte couvrant tout le centre du pays sur une épaisseur pouvant atteindre 2 kms. Cet épisode pourrait être à l’origine de la crise du Crétacé avec l’extinction des dinosaures.

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Aurengabad est le point de départ pour aller visiter deux sites célèbres inscrits au patrimoine de l’Unesco : les grottes d’Ellora et d’Ajanta. Elles sont creusées dans des falaises de basaltes.

Le site d’Ellora comprend plus d’une trentaine de grottes, creusées entre le Vème et le IXème siècle après JC. Il s’agit de temples ou de monastères. Certaines sont hindous, d’autres bouddhistes et d’autres jaïns. On rencontre des Bouddhas par dizaines, des Shivas, des Tirthankaras, des Vishnus, des éléphants, des vaches, des bodhisattva, des nymphes célestes aux gros seins, tous superbement figés dans le basalte. Puffy est tout émoustillé. La profusion des sculptures, des bas reliefs, et les immenses espaces dégagés à l’intérieur de la roche sont impressionnants.

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On découvre avec admiration la seizième grotte qui est la plus grande sculpture monolithique du monde. Un volume incroyable de la falaise a été dégagé pour construire -ou plutôt excaver- le temple hindou. 400 000 tonnes de basaltes enlevés et plus d’un siècle de travail. Le temple est porté par une armée d’animaux sculptés taille réelle.

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Puffy inspiré par le dieu Brahma, le dieu suprême.

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Le lendemain on visite les grottes d’Ajanta, qui ont été redécouvertes par des soldats britanniques au début du XIXème siècle lors d’une partie de chasse. Les temples et monastères sont tous bouddhistes, datant d’entre le IIème et le VIème siècle avant JC. Elles illustrent deux formes différentes de cette religion ; les plus anciennes grottes n’ont pas de représentation du Bouddha. Les suivantes sont pleine de bouddha, boddhisattva, et autres nymphes et personnages ailés. Une théorie dit que la représentation du bouddha aurait été en partie influencée par l’art grec. Les grecs étaient en effet présents au début de notre ère dans le  Nord Ouest de l’Inde. Et ce depuis la venue d’Alexandre le Grand.

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Les grottes d’Ajanta sont également très célèbres pour ses peintures rupestres.

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On croise autant de touristes étrangers qu’indiens, les écoles aussi visitent ces lieux historiques. C’est donc naturellement que nous nous sommes fait ensevelir par les élèves qui voulaient nous serrer la main, connaitre notre nom, pays… Ouf le prof arrive. Pour prendre un selfie avec nous ! Allez, photo de classe

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Nous sommes hébergés pendant notre séjour à Aurengabad par Manish, un autre couchsurfeur. Les couchsurfeurs que nous rencontrons représentent majoritairement la partie de la population aisée et dynamique, qui réussit dans l’Inde d’aujourd’hui. Ils sont enthousiastes, sympathiques, commencent à avoir un pouvoir d’achat important, sont allés à l’université, parlent couramment anglais, partent en voyage et sont avides de rencontres avec des étrangers. Ils représentent bien sûr une minorité en Inde. Manish, jeune auto-entrepreneur, a fondé le site internet leader en Inde sur l’organisation logistique des mariages. 

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Il fait déjà très chaud, mais on descend encore plus au Sud, 500 kms plus loin. Direction Hampi !

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Jaïnisme, discrimination sexiste et festival

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Une fois Logan rétabli, on prend le bus en direction d’Udaipur. Un bus gouvernemental, c’est pas les plus confortables, loin de là, encore moins un des plus rapides. Leur avantage ? Ils sont nombreux et très sympas avec les nanas. Les femmes ont en moyenne 20% de réduc’ sur les trajets en bus ! Logan crie au scandale, c’est de la discrimination sexiste. Il parle du diktat de la gente féminine. Être un homme en Inde, c’est vraiment ingrat. Puffy se fait passer pour une femelle. Ce malin.

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En chemin, on fait une halte au site de Ranakpur, où se tient un célèbre temple jaïn. Construction titanique, euh, titanesque, qui rivalise largement avec nos immenses cathédrales en Europe. 1444 superbes colonnes en marbre superbement ciselées, la profusion des sculptures et des bas reliefs partout dans le temple est absolument incroyable. 

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Cette religion est apparue en même temps que le bouddhisme, en réaction de même à la rigidité du brahmanisme de l’époque. Elle ne s’est pourtant pas aussi bien exportée à l’international. Peut-être un petit problème de marketing ? Mais cette religion est également très intéressante, reposant sur une non-violence absolue, certains pèlerins allant jusqu’à balayer devant leurs pas pour ne pas écraser de petits insectes. L’éveil permet de se libérer du cycle des réincarnations.

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Les cinq vœux que doivent prononcer les moines sont : non violence, non possessivité, pas de vols, vérité et chasteté.

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On arrive à Udaipur, ville de 600 000 habitants au bord de lacs. On quitte la zone désertique du Rajasthan, on est dans les monts Avellis. Ville très touristique, il se trouve qu’un festival se tient quelques jours plus tard sur les berges. Artistes internationaux, musiques flamenco, country et indienne. Et des poubelles de recyclage ! Alors que la notion toute simple de poubelle n’est pas largement répandue dans ce pays. On hésite pas, on reste. D’autant plus qu’on vient de croiser 2 français qui nous proposent une bière sur un toit. De nuit, les toits-terrasses donnent des airs de Vegas ou de Noël à la ville.

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La fièvre de la moustache

Ah, la fameuse Tourista, trois bonnes journées de fièvre avec de poétiques complications intestinales. Soyez tranquille, seulement un tiers de nos effectifs a été touché. Puffy et Léa ont été indemnes. Pourtant on boit et on mange la même chose. Faudrait-il croire que certains ont un système immunitaire plus vaillant ? Logan n’aime pas cette théorie.

En analysant un peu plus la situation, il se trouve que la fièvre est apparut le même jour que la moustache. Et il se trouve également que la fièvre est passée trois jours plus tard, le même jour où le barbier l’a rasé (non sans protestations d’ailleurs).

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À l’étranger, on nous met en garde contre l’eau et la bouffe. Amis voyageurs, faites également attention à la moustache.

Bienvenue au Rajasthan

Février est là et on débarque au Rajasthan. Première étape à Bikaner. Les paysages ont drôlement changés, tout est plus plat et plus sec. Et plus chaud. 25 degrés pendant la journée. On peut trouver pire comme hiver.

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Nous sommes accueillis par Pintu et sa famille, contactés par couchsurfing. On prend le bus le lendemain pour Deshnoke, petite bourgade très célèbre pour son temple hindou qui vénère les rats. Un filet est installé pour empêcher les oiseaux de venir piocher leur repas. On comprend, ces centaines de rats qui gambadent, ça fait un peu buffet à volonté pour les rapaces. Comme pour tous les temples, on se déchausse pour y rentrer… Très curieux, presque tout est en marbre, et tout est quand même plutôt dégueu. Il y a des rats quoi. Parait que si on en blesse un, il faut le remplacer par un en or. On observe l’effervescence ambiante. Le jeu principal des mâles est de courir après les femelles. On assiste à des scènes d’une rare violence que nous préférons ne pas décrire. Une cellule psychologique a été mise en place pour Puffy. Des prêtres préparent les repas des rats. Et au milieu un jeune couple qui se marie et vient demander une bénédiction.

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Retour sur Bikaner pour une promenade dans la ville. Le Rajasthan est connu pour ces forts construits par les maharajas. Ces édifices sont une excellente façon de montrer sa richesse et son pouvoir, le Junagarh Fort rempli tout à fait son rôle. Des plaques d’or couvrent les murs, chaque pierre est taillée minutieusement et les jardins sont aussi grands et luxurieux que le palais. Et si jamais on se lasse de se prélasser dans un gros fauteuil ou à l’ombre d’un palmier dans sa balancelle, il y a toujours les cartes. Pour jouer ou pour y lire un avenir fabuleux, aider par l’astrologie. Encore aujourd’hui, dans les rues, beaucoup de personnes font la queue devant la table d’un astrologue. Et si l’avenir n’est pas drôle, on peut toujours inviter un fakir ! Les planches cloutées ou les dents de scie, choisis ton matelas. Et on apprend d’ailleurs que l’Everest culmine à 9300m d’altitude. 🙂 

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Le reste de la ville est plutôt bien agencé, on doit l’avouer. Enfin, c’est surtout que les rues sont larges et bien goudronnées, c’est rare ! Dans la vieille ville, c’est un labyrinthe de ruelles, on s’y perd pour trouver un temple jaïn. 

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Dans la banlieue de Bikaner, un centre de recherche national sur les dromadaires ! Ah oui, maintenant en plus des chevaux ou des bœufs, on croise en pleine ville de hauts dromadaires tirant des charrettes. On les préfère aux singes… Vraiment très cool. Lorsqu’ils marchent, leur cou en oscillation sont d’une beauté hypnotique. Ce centre qui est aussi une ferme, possède plus de 300 bêtes. On a eu de la chance, de décembre à mars, c’est la saison des amours. Le mâle épate la femelle grâce à un bruit digne du dindon : il gonfle une « bulle » de peau en dehors de sa bouche (c’est pas sa langue, c’est assez étrange), elle s’agite et ça « glougloute », comme un dindon. Bon accessoirement aussi, il bave et mousse de partout. On vous donne un bon tuyau, si jamais vous aviez besoin de savoir dans votre vie si une femelle dromadaire est enceinte et que vous n’aviez pas d’échographie sous la main ! (On sait jamais, ça peut arriver). Un mois après l’acte, c’est la femelle qui garde la queue en l’air qui est enceinte, et pas celle qui l’agite. (De rien 😉 )

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Après un petit café au lait de dromadaire (très bon pour les diabétiques, le lait de dromadaire. Mais puisqu’on vous dit qu’on a appris plein de choses là-bas !), on passe faire une visite de curiosité à l’AFEV, asso humanitaire française. On ne sait pas trop à quoi s’attendre et on découvre avec plaisir Natacha, la directrice qui vit depuis 13 ans en Inde. Son association existe dans d’autres pays comme à Madagascar ou en Amérique du Sud. On est curieux de l’administration indienne, sur certaines formalités et c’est à ce moment qu’on apprend une loi indienne : il est interdit d’héberger des étrangers chez soi. Mesure anti-terroriste. Dooonc, le couchsurfing ou warmshower ou autres programmes de bénévolat qui offre l’hébergement, c’est illégal ici ! Le risque serait que quelqu’un dénonce l’hôte aux autorités. Ça arrive parfois. On est plutôt très surpris d’apprendre cette loi, vu l’ampleur des réseaux comme couchsurfing… 

Et cette française est dans le guide du routard depuis plusieurs années, « très pro » selon elle. En revanche, un gars de lonely planet lui a aussi rendu visite, et lui avait demander 400 dollars pour figurer dans leur guide. « Vous savez, beaucoup d’enseignes s’y retrouvent financièrement. » Figurer sur les guides fait tellement un énorme coup de pub. Pas un voyageur rencontré n’avait son routard ou son lonely planet. (On ne fait pas de la pub pour le routard, il n’est sûrement pas irréprochable non plus).

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On passe une dernière nuit chez notre hôte, avant de prendre le train pour Jodhpur oú un couchsurfeur nous a invité au mariage de son cousin 🙂

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C’est notre première en train et quand on découvre le prix et le confort, on se prend une sacré claque ! Mais pourquoi on s’est embêté à prendre le bus jusqu’à maintenant alors que le train est encore moins cher et qu’on évite les secousses façon manège dues au mauvais état de la route !? C’est la découverte du siècle, 5h de trajet, on se fait des copains, et on peut même jouer aux cartes ! Par contre assez marrant. « Vous inquiétez pas, en cette période d’examens personne ne prend le train ». On arrive 1h à l’avance, train bondé, plus une seule place assise, et les gens commencent à s’asseoir sur les portes bagages. Bienvenue en Inde. 🙂 Qu’est-ce que ça doit être quand il y a beaucoup de monde dans le train.

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Jodhpur, sun city. Plus de 330 jours de soleil par an en moyenne. Surnommée aussi aussi blue city : de nombreuses maisons dans la vieille ville sont bleues ! Depuis deux millénaires. Ce serait en l’honneur de Krishna, réincarnation de Shiva, adoré par de nombreux fidèles. Cette couleur s’est révélée être aussi un puissant répulsif à moustiques. Pratique. 🙂 Ce qui est certain, c’est qu’une superbe impression de fraicheur et de sérénité se dégage de toutes ces maisons enchevêtrées les unes sur les autres (la reforme de l’orthographe n’est toujours pas arrivée en Inde).

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Sur un surplomb rocheux derrière la vieille ville se dresse une superbe forteresse virile. Comme dans beaucoup d’autres villes du Rajasthan d’ailleurs. Elle date du XVème siècle.

Et aux détours de petites ruelles, on se retrouve juste devant un énorme « puit-escalier », pour approvisionner la ville en eau.

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Cette ville d’un peu plus d’un million d’habitants nous fait du charme, même si comme partout, les eaux usées s’écoulent dans la rue et les ordures s’entassent dans les coins.

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On retrouve Tharun qui nous parlent du mariage de son cousin. D’après lui, 2000 personnes seront présentes sur les deux soirées. Première chose à faire, se trouver des habits adéquats. La sœur de Tharun prète un sari, Léa se retrouve enveloppée dans un peu plus de 7m de tissu, mais pourtant avec le ventre à l’air. Pour ma part sous les conseils avisés de notre ami, je passe de la barbe sauvage broussailleuse à la moustache rajasthani. Et oui ici la moustache c’est toute une institution. « You look awesome » complimente Tharun. Léa, elle plus sceptique, propose qu’on fasse quelques jours chambre à part.

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Le mariage commence. Grande procession dans la rue, fanfare avec cuivres et percussions, pour se diriger vers le lieu des festivités. La majorité des hommes portent des turbans, les femmes sont toutes en sari, et très vite tout le monde se met à danser. On apprend à danser comme les indiens. Ne pas plier les genoux, des pas simples, et surtout, super important, les bras toujours levés.

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Le marié, habillé comme un maharadja, chevauche un puissant cheval blanc que le maître fait se cabrer. On rencontre de nombreuses personnes. Bien sûr il s’agit d’un mariage arrangé, comme majoritairement en Inde. Les invités appartiennent presque tous à la même caste. On se perd entre les cousins, les grands oncles et les nièces éloignées. 

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À la fin de la soirée a lieu une cérémonie religieuse. La date du mariage avait d’ailleurs été fixé en concertation avec des astrologues. C’est une autre culture. Pour trouver la date, on ne demande pas la disponibilité des copains et de la famille mais la disponibilité des étoiles. Un feu est allumé, les invités et les mariés s’assoient et un prêtre brahmane chante des textes en sanskrit. Les vœux sont finalement prononcés.

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