En route pour Dharamsala

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Notre séjour dans l’ashram nous fait le plus grand bien. Remplis de paix intérieur et les muscles transis mais détendus par le yoga, on profite d’un repas dans le jardin, sous ce chaud soleil d’un dimanche en janvier. Après la première bouchée, on engage la discussion : « Tiens, il est super gros ce singe. » Deuxième bouchée. « Il s’approche de nous là, tu trouves pas ? » On lève la tête. « Mais ils étaient pas là avant tous ces singes sur le toit ! » Il faut réagir, Logan amorce une intimidation stratégique au gros singe le plus proche, il avance en tapant des pieds. Raté, c’est le singe qui nous intimide en ripostant par un bond en avant, avec grimace et crocs dans un cri. Bon. Un repli tactique s’impose dans la salle à manger. Un indien arrive, une poignée de cailloux en main et éloigne cette petite armée en un rien de temps. Les cailloux, et un comportement prédateur, on retient l’astuce, mais en finissant notre riz à l’intérieur. On entend les sarcasmes des singes qui s’marrent : « pas très farouches les touristes ».

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On se décide péniblement à continuer le voyage, après une petite semaine de sérénité. On était dans un quartier calme, sans circulation donc sans klaxons. Beaucoup d’occidentaux viennent se ressourcer à Rishikesk qui profite grandement de ce tourisme. Les murs des rues sont remplis de pancartes annonçant cours de yoga ou méditation. C’est un énorme business.

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On se glisse dans un auto rickshaw et on attend qu’il soit assez rempli pour que le conducteur se décide à nous emmener à la gare routière. Minimum de 8 personnes exigé. Rapidement, 2 étudiants indiens arrivent, on engage la discussion. Ils viennent de passer un examen en pharmacie et retourne sur Delhi. Après 1h30 à discuter dans le rickshaw, on augmente le prix pour partir dès maintenant, faute d’avoir assez de passagers ! On va pas y passer la journée lance Puffy qu’une envie « pressante » commence à rendre impatient.

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On arrive à Dehradun et on se glisse dans un rickshaw pour rejoindre la gare routière. On a besoin d’informations, on hésite entre visiter Mussoorie, la ville surnommée « Reine de la montagne » ou aller directement à Dharamsala. 14 passagers dans le rickshaw, on est tous les deux dans ce qu’on peut appeler le coffre, sur des tabourets. Être seulement à 2 sur un 2 roues ou à 4 dans une voiture nous semble être une grande perte d’espace ! Et puis, c’est vachement mieux pour la planète, du covoiturage efficace.

À la gare routière, un bus part dans 15min pour Dharamsala. Un bus tous les jours à 17h et on arrive à temps pour le prendre. C’est le destin. C’est parti pour 12h de trajet et quelques 450 km. Dommage qu’il fasse nuit, on prend une route de montagne qui devait être magnifique de jour. Au lieu de ça, on profite seulement des secousses dignes d’un bateau en pleine mer quand le goudron s’absente sur quelques mètres et des virages en épingle qui se succèdent. Sans compter les deux gus derrière nous qui ont décidé de boire pour passer un agréable voyage… Eux en chantant, nous, on écoute… L’avantage et le désavantage de la boisson, c’est qu’à la moitié du trajet, ils se sont rapidement mis à ronfler. D’autres voisins ont passé le voyage plein de dévotion à regarder des clips bollywood en mangeant des cacahuètes, jettant les coques dans l’allée. Aucune réaction des chauffeurs et des autres passagers. Le bus en Inde, c’est joliement folklorique.

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5h30 du matin, Dharamsala. À 1350m d’altitude, il fait pas chaud. Serrés dans nos couvertures, on attend le bus de 7h pour monter à Mcleod Ganj, la ville haute, à 1800m. Le lever de soleil apporte quelques degrés en plus. Au détour d’un virage un grand « BANG » avec un flash lumineux. Un poste de transformation électrique la porte ouverte, fumante, qui vient juste d’exploser. Bienvenue à Dharamshala. 🙂

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Le gouvernement tibétain s’est exilé dans cette ville sur les contreforts de l’Himalaya suite à l’invasion chinoise. Ville du Dalaï Lama, elle abrite les réfugiés tibétains, ce qui la rend complétement différente d’une ville indienne. Le changement est en effet saisissant. Les passants dévisagent moins, les vendeurs à l’étalage sont très peu insistants, et une atmosphère joyeuse, calme et sereine semble régner. Les passants font tourner les moulins à prières du temple central et les moines se baladent dans leurs vêtements rouge bordeau. Les voitures font même parfois 50 m sans klaxonner. Incroyable. Le cadre est superbe, la petite ville domine la vallée cachée par une brume perpétuelle, et se trouve sur les contreforts d’une imposante barrière montagneuse culminant autour de 4700m. Les premiers contreforts de l’Himalaya.

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Petite excursion à la journée pour flirter un peu plus près avec les montagnes. On monte jusqu’à 2800m en tee-shirt en plein hiver, les énormes rapaces qui nous survolent se moquent de notre transpiration. Puffy reste bien caché dans le sac, sauf pour prendre la pose à coté du trident de Shiva au sommet. 

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L’hindouisme côtoie ici le bouddhisme. Ce n’est qu’au 8ème siècle après JC que ce dernier s’est développé au Tibet remplaçant la religion animiste de l’époque « Bon ». Soit plus de 1000ans après la mort de Bouddha. Le bouddhisme rencontrait un succès important en Inde et rivalisait avec l’hindouisme. Un temps elle fut la religion principale de l’empire Maurya en Inde, quelques centaines d’années avant JC. Il s’est largement développé dans les autres pays, Myanmar, Thaïlande, Chine, Corée, Japon, Asie centrale, mais finalement a quasi disparu de sa terre natale. L’hindouisme a fait de Bouddha un Dieu, la huitième incarnation de Vishnou. Habile. 🙂

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On goute les momos tibétains, légumes enrobés d’une pâte cuits à l’eau ou frits. Et puis on goute également le célèbre thé tibétain au beurre, qui change drôlement du thé sucré épicé des indiens. Une mousse salée brillante de matière de grasse nous fait des clins d’œil. Une bonne tasse donne probablement les apports caloriques journaliers recommandés. Pas de doute, on sait comment les tibétains survivent aux hivers glacials.

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2 Comments

  1. Bonjour de l’ardèche où nous voyageons avec vous à chacun de vos commentaires toujours aussi intéressants et dépaysants.
    Gros bisous et bonne continuation
    Eliot Noémie Elisa Florence et Pascal

  2. Bonjour de St Julien de Franck et Aglaé Pernet. Je suis impressionné par ce périple, moi qui ai toujours aimé voyager à vélo. Bravo aussi pour votre blog et pour une rédaction quasi sans fautes (c’est le prof qui parle…).
    Profitez bien, c’est formidable !

    PS : une demande cependant : pourriez-vous insérer quelques photos de vous où l’on vous verrait mieux ? Demande peut-être incongrue, mais sincère.

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