Ferme dans le désert de Gobi en Mongolie

Ferme dans le désert de Gobi en Mongolie

À Erehnot lundi midi, on a retrouvé Mathieu (son blog : http://voyages-montagnes.blogspot.com/), un autre cyclo-voyageur français avec qui on était en contact grâce à warmshower. On décide de passer la frontière ensemble. Il faut savoir que ce poste frontière est embêtant pour les cyclistes, pour les marcheurs, les cavaliers… Bref pour passer ce no man’s land entre la Chine et la Mongolie, il faut être dans un véhicule motorisé. Imaginez sachant cela, une foule de jeeps et 4×4 attendant des passagers pour ces 3 inévitables kilomètres… Évidemment, pas de prix fixes, c’est un drôle de business. À la première jeep qui nous accoste, 3 personnes et 3 vélos chargés comme des mules, on n’hésite pas longtemps. Poste chinois, PAF ! tampon de sortie. Poste mongole et PAF ! tampon et bienvenue 🙂

Comme on a oublié l’idée de traverser le désert de Gobi, on va rejoindre la capitale en train. De Zamiin-Uud, 710 kms jusqu’à Oulan Bator. Une nuit en train au lieu d’une dizaine de jours à pédaler. Ici, les caractères chinois sont devenus du cyrillique, nostalgie des Balkans en automne dernier… On déchiffre quelques enseignes autour de la gare, mais une en particulier se détache et illumine nos regards. KEBAB, en grandes et belles lettres lisibles. Les estomacs ronronnent de plaisir, mais raison gardée il faut, on va d’abord s’occuper des billets de train. Départ a 18h15, on a nos couchettes pour une dizaine d’euros. Le train coûte aussi peu cher qu’en Inde… Pour les vélos, le wagon cargo les accepte sans emballage pour 6€ chacun. À ce prix, ils ont une couchette eux aussi éhéh.

Zamiin_Uud

Voilà, tout a été trop facile, les vélos sont dans le wagon, nos billets en poche, on a encore 1h à tuer. Logan ose la petite blague

"Ah, ça serait drôle que le train parte sans nous, avec les vélos !". 

Et devinez quoi ? On a mangé un kebab !! Ce kebab qui nous manquait tant… Le vendeur demande si on les veut emballer pour le train. On va les dévorer de suite, vous inquiétez pas. Il insiste en nous montrant le train du doigt. Pas besoin, vraiment. On s’assoit, à la gare, plein de concentration sur notre précieux sandwich. On est vraiment très concentrés. Mais Mathieu note tout de même que le train siffle le départ.

 Train-Mongolie

« — Non, c’est pas le départ, on a encore une heure.

— Attends, y’a pas un décalage horaire avec la Chine ? »

Un regard vers le train qui commence à bouger. On court !!!! Les portes sont fermées, on ne peut plus monter. Une employée de la gare arrive en courant et nous crie « TAXI ! ». On la suit en courant, sac au dos et kebab en main. Le chauffeur nous voit, on s’arrête, on négocie très vite le prix et on saute dedans. Il allume le moteur et la radio. Le son est aussi violent que sa conduite. Dérapage dans le sable, 130 km/h sur l’autoroute, on finit nos kebabs avec la peur de les voir ressortir… Conduite sportive de rigueur, on aperçoit le train ! On le dépasse ! La prochaine gare est là ! Et le chauffeur ralentit… Tout son cinéma de Didier Auriol juste pour nous faire stresser et nous faire arriver pile poil comme le train pour éviter d’attente à la gare et re-négociation du prix de la course sur ces 15 petits kilomètres… Avec cette erreur du taxi, on aurait pu mettre 3 vélos en plus dans le train.

Morale de l’histoire ? Oui, le kebab valait le coût 😉 

Train-Couchette-Mongolie

Dans le train, les hôtesses nous apportent du thé une fois assis sur nos lits. Après le train en Inde, pour nous, c’est le grand luxe ! Le wagon n’est pas rempli, il n’y a que 6 couchettes par compartiment et pas 8, les lits ont un matelas supplémentaires + des draps + des coussins !! Il y a de l’eau chaude à volonté et les toilettes ne sont pas seulement un trou. On profite tout de même un peu du paysage du Gobi. Une plaine de sable à perte de vue. On guette les chameaux à l’horizon, quelques yourtes, des troupeaux de chèvres, des chevaux… On est en Mongolie.

Après quelques temps dans les 2 pays les plus peuplés du monde, on débarque en Mongolie. Pour vous donner un ordre d’idée, il y a autant d’habitants ici qu’en Albanie et le pays fait 3 fois la superficie de la France. En Inde, il y a environ 329 habitants par km2. En Mongolie, à peine 2 hab/km2…

 Après une bonne nuit, on arrive par une fraiche matinée à Oulan Bator. Mathieu avait un contact qui accepte qu’on campe sur son terrain. C’est Froit, un hollandais qui nous accueille chaleureusement avec sa femme et sa petite fille dans sa maison. Ils exportent en France de chouettes yourtes en mélèze made in Mongolia, à bon entendeur. 

Les températures augmentent doucement l’après-midi, et il neige toute la journée le lendemain. En mai, le frisson de l’hiver après avoir eu la chaleur suffocante en Inde et le printemps en Chine.

Welcome in Mongolia !

Oulan Bator