L’Arkhangaï

Après avoir quitté Kharkhorin, on pédale une journée avec la famille australienne. Ils pédalent difficlememt plus de 30 ou 40 km par jours avec les enfants, nos rythmes sont différents et on se souhaite bonne continuation et bon voyage. Sans savoir qu’on se retrouvera quatre fois dans les jours suivants !

Tsenkher-Mongolie-2

A_Cheval-Mongolie-5

Tsetserleg-Mongolie-1

Taikhar_Chuluu-Mongolie-1

Mais la pistes c’est aussi des montées sacrément plus coriaces, et une rivière à traverser dans chaque nouvelle vallée. On franchit quelques gués, nous mouillant parfois bien proprement. Une fois, l’eau jusqu’au milieu de la cuisse, un vélo s’est mis à flotter sur les sacoches !

Volcan_KhorgoUul_Mongolie-4

La tragédie de pédaler vers l’ouest en Mongolie. Ce pays est très bien adapté pour appréhender la notion de vent. Qui souffle constamment. Les belles journées ensoleillées signifient vent de face. Journées épuisantes. Tandis que pluie, neige et chutes de température coïncident souvent avec vent du nord ou de l’est. On avance bien principalement les jours de mauvais temps.

A_velo-Mongolie-6

Dans.un restaurant pour se réchauffer un midi après Tsetserleg, on guette au loin, espérant se faire rattraper encore une fois par les australiens qu’on a croisé la veille. Et soudain sortant du brouillard, deux vélos arrivent. On s’attend à retrouver des visages familiers, mais ce n’est ni une famille ni des tandems qui viennent à notre rencontre : c’est un couple français en route pour l’Iran à travers l’Asie Centrale. Et ce ne sera qu’une question d’heure pour que les australiens nous rejoignent. Ça fait une jolie équipe sur la route ! On pédalera trois jours avec Claire et Jérôme.

 

Le vent tourne, on l’a dans le dos et on trace. Et bien sur, le ciel se couvre rapidement et on se retrouve à 18h à quelques km d’un col, piégés dans une belle tempête de neige. Les bourrasques sont ultra violentes et on plante les tentes en urgence au bord de la route. On est à 1900m d’altitude. L’occasion de se rendre compte que nos nouveaux compagnons de route français sont aussi fadas de coinches ! Coincés dans nos tentes par ce petit blizzard n’aura pas été finalement si désagréable. Et puis deux heures plus tard le ciel se découvre. Toutes les montagnes couvertes de neige avec une superbe lumière. La Mongolie ne laisse pas indifférent.

Tempete_Neige-Mongolie-1

Tempete_Neige-Mongolie-2

On continue en direction de Tariat et du lac blanc. Le ciel reste bien couvert avec parfois quelques pluies. Vous l’aurez.compris, on a le vent dans le dos. Joli bivouac près des gorges du Chuulut.

Canyon_Chuulut_Mongolie-2

Canyon_Chuulut_Mongolie-3

On arrive à Tariat dans un restaurant où on s’arrête pour midi. Pour 5000 tugrik (soit un peu plus de 2€), on trouve quasiment partout des “tchivanes”, plat très populaire à base de nouilles, parfois légumes, et une énorme quantité de viande. On avait d’ailleurs bien rigolé avec Mele, la mère de la famille australienne, qui est végétarienne. Être végétarien en Mongolie, c’est pas facile. Tunga une femme de Tariat vient discuter avec nous pour nous convaincre de rester quelques jours dans sa guest-house. Après négociations, on s’installe pour quelques jours chez elle.

Tchivanes-Mongolie

Volcan_KhorgoUul_Mongolie-3

On nous avait vanté la gentillesse et l’hospitalité des mongoles, mais finalement on n’aura pas rencontrer beaucoup de gens. Lorsqu’on demandait toilettes ou eau, on ne nous a jamais dit non. On échange quelques mots avec les curieux que l’on rencontre. On sera toujours bien accueilli si on souhaite rentrer dans une yourte, on se fera servir du thé et le feu sera rallumé. Mais on sent également assez fortement que les étrangers sont souvent perçus comme des portes feuilles en voyage. Dans les mini supermarchés, la caissière rajoute parfois à la note quelques tugrik. Dans les restaurants les tchivanes pourront coûter plus cher que le prix indiqué. La famille australienne demande presque tous les soirs aux yourtes s’ils peuvent camper à côté. S’ils ont rencontré des familles adorables, d’autres leurs ont demandé, après les avoir invités à dormir ou à manger, de payer des montants déraisonnables. Le tourisme en plein développement est une rentrée d’argent significative pour le pays.

Yack-Mongolie-1

Volcan_KhorgoUul_Mongolie-5

On reste la soirée dans la guesthouse. Pour la douche, il faut aller à celle du village. Les toilettes sont comme presque partout un trou plus ou moins rempli dans une cabane. La vie en Mongolie est simple, et dans un cadre exceptionnel. Tunga le soir fait elle même ses nouilles pour les tchivanes, de la farine de l’eau et du sel. Le tout pétrie, étalé, chauffé sur le poêle, et découpé avant d’être cuit dans l’eau. Le soir, le mari de Tunga avec plusieurs autres de ses amis immobilisent tout à tour trois chevaux à terre. Avec un couteau et deux batons, les animaux sont castrés à vif. Ces jeunes mâles dans l’insouciance de leur jeunesse se battaient entre eux pour des juments. Et avaient fini par séparer en différents groupes le troupeau. Les testicules seront recueillies dans un saladier pour être mangées crues ! Pour garder les propriétés de toutes les vitamines d’après ce qu’on comprend. C’est parait-il très bon pour la prostate. On nous en propose quelques morceaux, que l’on refuse poliement. On n’a pas de problème de prostate pour l’instant.

Et ça a été efficace, le lendemain, le troupeau reste bien ensemble.

Les français continuent à l’ouest en direction de la Chine et du Kazaksthan. On remontera nous dans les prochains jours au lac Hövsgol, au nord, avant de revenir à Oulan Bator. Mais des voix familières attirent notre attention un matin, la famille australienne de nouveau ! Le lendemain c’est l’anniversaire de Reine la plus jeune, qui va avoir cinq ans. On fait une chouette balade pour atteindre le sommet d’un volcan pas très loin. Le lendemain, on décide de partir deux jours en trek à cheval tous ensemble. On se familiarise petit à petit avec les montures, les trois enfants montant avec trois adultes. Superbe expérience de galoper dans ces espaces infinis. Jusqu’à ce que le drame finalement arrive…

 A_Cheval-Mongolie-2

1 Comment

  1. Bonjour, je viens de lire votre récit de voyage en Mongolie, cela m’a rappelé bien des souvenirs, car en mai juin 2016 j’y étais aussi. Votre première photo me fait penser à Satlanbulag, le village atteint lors de notre première étape. Il faut reconnaître que tous les villages se ressemblent en organisation et en couleurs sans parler des environs, la steppe à l’infini.
    Je vous mets le lien de mon récit: http://mesbaladesetescalades.hautetfort.com/archive/2016/05/11/un-mois-a-velo-au-coeur-de-la-mongolie-5800195.html

    Entre autre, c’est en réalité le cœur de mon commentaire, je fais partie de l’équipe de rédaction de la revue trimestrielle CCI (cyclo camping international). Récemment nous n’avons pas publié de textes de voyage dans ce pays fantastique, à part un cours article qui ne rentre pas dans la catégorie voyage mais guidoligne, qui décrit une anecdote particulière au cours d’un voyage. Si vous êtes intéressé pour écrire dans la revue CCI, vous pouvez me contacter à l’adresse par laquelle je vous écris. Je vous donnerai les données techniques sur un article.
    En tout cas un grand bravo pour votre joli récit et vos belles photos
    Luc

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

© 2017 Puffy en voyage

Theme by Anders NorenUp ↑