Tchin Chine ! 你好中国

Les vélos sont proprement emballés. Pas mal de bagages. On pèse le tout juste avant le check-in, merde, on dépasse le poids auquel on a le droit. On tasse deux trois trucs supplémentaires dans nos bagages à main. On a le droit à 30kg chacun en soute. Finalement au contrôle le tout pèse exactement 60kg. C’est un travail de précision. Lea_Et_Son_Velo-NewDelhi

Après 2 avions avec une escale à Colombo au Sri Lanka, on arrive à 23h à l’aéroport de Pékin. Visas en règle, bagages et vélos récupérés en bon état, on ré-assemble le tout. Comme en Inde, quelques curieux s’arrêtent, observent, prennent en photo… Les plus audacieux nous indiquent du doigt comment faire ! Un ou deux moins timides viennent nous parler, en chinois. Arf. Un policier s’arrête, et lui, parle anglais. Commentaire de sa part : « la Mongolie, c’est loin ». Merci m’sieur.
On sort à 2h du mat de l’aéroport et on a une bonne et une mauvaise nouvelle. Une superbe voie réservée aux cyclistes longe la route mais il pleut des cordes ! 10kms plus tard, à 3h du matin quand on arrive chez Duncan, notre hôte (bien sympathique pour nous accueillir à cette heure-ci !) nous rassure vite : c’est assez exceptionnel, il n’avait pas plu depuis octobre dernier. Bon ça va, c’était notre averse de bienvenue.

Duncan-logan-PekinOn passe quelques jours à Pékin. Du repos et quelques courses avant de prendre la route. On pourrait rester des heures dans les supermarchés chinois. Petite musique classique, ambiance détente, sereine. Dans une partie les fruits et légumes secs, avec aussi les fleurs séchées, les champignons, les racines… À la poissonnerie, on se croit plutôt à l’animalerie, hormis les produits surgelés, tout est frais, frétillant dans son bocal. Des poissons, calamars, crustacés et gros crapauds. Ah et bien sûr, tous les emballages sont en chinois, c’est un peu la surprise quand on ouvre ce qu’on achète.

On n’avait pas encore été trop confronté à la barrière de la langue, on se débrouillait avec l’anglais jusqu’à présent. Quand on a voulu prendre un ticket de métro et qu’il a fallu dire cet arrêt au guichet, on a pressenti de potentielles complications futures pour la communication en Chine…

Logan-Copain-PekinOn profite des quelques jours à la capitale pour voir Ronan, un copain de Nancy qui étudie ici en master. L’occasion de bien discuter et de manger une brochette de cafards frits. Héhé. On trouve dans la rue plein de petits grills qui font des brochettes. Des brochettes d’insectes (cafards, sauterelles, scorpions…), des brochettes de la mer (pieuvres, poissons…), des brochettes de viandes (ce bœuf qui nous avait manqué en Inde, du mouton, poulet, porc, serpent…), et des brochettes d’intérieur d’animal (cœur, foie…). Miam ?

On nous avait mis en garde contre l’extrême pollution de la capitale, mais finalement on se retrouve certes dans une mégalopole immense, mais bien aérée avec de la verdure un peu de partout, sans déchets, avec un trafic raisonnable et un ciel bleu superbe. Bon il parait qu’on a de la chance. Après l’Inde on a vraiment l’impression d’avoir retrouvé l’Europe.

Pour limiter le nombre de voitures dans l’agglomération, le gouvernement a mis en place une loterie pour les propriétaires des voitures, les gagnants reçoivent une plaque d’immatriculation et ont le droit de conduire leur véhicule. Les autres prennent le métro ou le taxi en attendant leur tour.
Il nous manquait les recharges de gaz du réchaud pour pouvoir nous remettre en selle. Pour la popote du soir. Direction le Décathlon le plus proche. Une heure de métro, 1h à pied pour finalement découvrir que « le magasin n’est pas habilité à vendre des cartouches de gaz pour des raisons de sécurité »,  alors qu’ils vendent les réchauds !

Rien n’est simple en Chine.
没有什么是中国简单。

Et c’est parti, on se remet à pédaler ! La capitale est démesurément grande, mais on en sort facilement, c’est royal pour les cyclistes. Les voies qui nous sont réservées sont parfois presque aussi larges que les routes principales du Rajasthan en Inde. Bon, c’est pas très difficile non plus. 🙂 On s’attendait à voir beaucoup de vélos vu la largeur de la voie, mais ce sont surtout des petits scooters, mobylettes, rickshaw, tous électriques qui zigzaguent avec nous. Les montagnes sont toutes proches, et rapidement on sort de la grande plaine de Chine pour s’engouffrer dans une vallée. Des cohortes de bus emmènent les touristes sur les différentes sections aménagées de la grande muraille de Chine. Un virage et ça y est, on aperçoit un premier pan de mur qui glisse d’une crête jusqu’au fond de la vallée. Visions surréalistes de ces constructions titanesques.

On sort du massif montagneux pour arriver sur un premier plateau à 500m d’altitude. On aperçoit au nord les montagnes atteignant les 2000m. Derrière, c’est l’immense plateau de Mongolie intérieure.

On a bricolé un petit réchaud à alcool pour le café du matin. Un grand succès. On arrive presque à faire tiédir de l’eau.Nouveau-Rechaud-chine

Partout le gouvernement fait la promotion des jeux olympiques d’hiver qui se passeront en 2022 ici ! Les infrastructures se développent. Un énorme projet prévu pour aboutir en 2020 permettra de rallier Beijing à Zhangjiakou avec un train souterrain ! Plus de 250kms sous les montagnes qui seront traversées en une quarantaine de minutes…

La végétation petit à petit disparait, les montagnes se rapprochent, des éoliennes fleurissent de partout et le vent se lève. Le vent de face. Les coups de pédales deviennent fastidieux, les yeux sont aveuglés par le sable et la poussière. Et damned, on a quand même super mal aux fesses. Ah la reprise.

La nourriture ne coûte pas très cher, et on s’arrête dans des restaurants à midi. Le premier repas, on regarde la carte, et on se fie aux images.

MiamMiam-Chine

On sait pas ce que c’est mais c’est bon !

Et oui, c’est pas facile les caractères chinois. On pense commander un bon plat de nouilles avec un plat de poulet. On se retrouve avec une assiette de pomme de terre râpées quasi crues minée de petit piments rouges particulièrement fourbes, et avec une assiette de poulet dans une marinade froide au vinaigre. On termine le repas en mangeant le pain qu’on a acheté en grande surface, qui se révèle être une brioche fourrée au chocolat. C’est pas facile la Chine.
Non mais il y a quand même des supers plats ! On s’est régalé avec des bols de nouilles géants, qu’on mange en un temps record avec les baguettes. On rigole bien et à chaque resto, les serveurs nous prennent en photos, ça donne quelque chose comme ça.

Le second soir on sort de l’axe principal pour trouver un endroit pour bivouaquer. On tombe sur un village. Les villages sont des sortes de gros baraquements avec des maisons identiques de partout. Ça transpire le communisme. On rencontre un sympathique villageois qui nous indique un endroit tranquille. On essaye de communiquer pendant un sacré moment, on rit plus que l’on se comprend. Il feuillette notre petit guide de conversation avec des phrases toutes faites, du type
« le vin n’est pas assez frais »,   酒是不是够酷
« où se trouve le compteur électrique »   电表在哪里
« cette chaise est-elle libre ? »   这个座位是免费的吗
« doit-on verser des arrhes ? »   我们应该交纳押金
Finalement il tombe sur LA question qu’il cherchait :
« que puis-je faire pour vous aider ? »   我能做些什么来帮助你
charmant personnage, on se promet d’apprendre le mandarin la prochaine fois qu’on voyage en Chine.

On doit rejoindre le soir du troisième jour une hôte couchsurfeuse à Xuanhua. Le vent ne faiblit pas. Les paysages très minéraux sont magnifiques. On rencontre lorsqu’on s’arrête pour manger à midi Yuan Mia, le propriétaire d’un magasin d’alcool. Parlant quelques mots d’anglais, on arrive à échanger, et très vite on se retrouve avec des sucreries, des bouteilles d’eau, des saucisses à hot-dog et des verres d’alcool fort devant nous. « I love liquors, that is why I open this shop ». Il nous reste encore pas mal de bornes avec le vent, on flaire un piège délicieux. « You can sleep here, no problem ! « . On résiste et on refuse de nouveaux verres. Il faut continuer. Notre nouvel ami a le temps de se vider au moins 5 nouveaux shots, et nous dit au revoir chaleureusement en glissant une bouteille de liqueur dans une sacoche de vélo. Chouette rencontre éphémère. La magie imprévisible du voyage.

On parcourt les derniers kilomètres, rotant avec régularité les verres de gnôle. On passe à côté d’une mine de charbon sur quasiment 10 kms. Nos visages deviennent rouges et noirs, de soleil et de charbon.

Xuanhua-Chine

Xuanhua-Chine

On est accueillis à Xuanhua par une grande zone industrielle. On retrouve Yafu notre hôte pour un peu de repos. On lui demande :
« ça dure longtemps en général les épisodes venteux ? « 
— « hum, ça devrait aller mieux en juin ».

C’est pas facile la Chine. Mais on aime bien. 
這是不容易中國。但是,我們喜歡。

Et après cette semaine en Chine, on réalise que les chinois sont plutôt du genre bruyant. Ils font exploser des feux d’artifice à n’importe quelle heure de la journée, pour célébrer un mariage ou tout ce qui mérite un gros boucan. Ils mangent avec des baguettes. Oubliez toutes nos règles de bienséances françaises, mettez les coudes sur la table, le menton dans le bol et aspirez bruyamment 🙂 . Ils se raclent la gorge avec force et entrain. Et ils le savent qu’ils font du bruit : dans les escaliers des immeubles, la lumière ne s’allume pas grâce à un détecteur de mouvements, mais grâce au bruit ! Si tu veux voir où tu mets le pieds, pousses un cri strident.

Spécial mille mercis à Céline Déal, ton guide nous sauve la vie !

L'ami qui trouve la bonne phrase dans le guide…

L’ami qui trouve la bonne phrase dans le guide…

2 Comments

  1. Très content de vous retrouver dans ce nouveau pays : pas facile, sûrement.
    On va pouvoir le découvrir à travers tous vos superbes articles !
    On vous adresse tous nos encouragements pour vous aider à aller jusqu’au bout.
    Bisous de l’ardèche

  2. Tant mieux pour le guide !
    Quelques mots suffisent pour créer des liens …
    Je ne pense pas en avoir besoin de si tôt même si la lecture de vos articles me donne l’envie d’y retourner !
    Bonne poursuite !!!

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