Varanasi et le Holi

Les-gaths

Varanasi est une des plus anciennes villes du monde, habitée actuellement par 1.3 millions d’habitants. Plus on se rapproche du Gange, plus les rues deviennent étroites, plus les maisons sont colorées et plus la cacophonie perpétuelle est remarquable. Les vaches zigzaguent en klaxonnant entre les motos, les échoppes se disputent le peu de place disponible et pèlerins et touristes se mêlent entre eux. La ferveur religieuse et la ferveur photographique.
Dans une petite boutique un taureau fait la sieste. C’est très bon pour la santé, les siestes.

sieste-du-Taureau
On dit que le feu des gaths de crémation ne s’est jamais éteint depuis des millénaires. Et c’est probablement vrai. Varanasi-les-ruellesOn y est tombé par hasard le premier jour en cherchant une guest house, et c’est assez déstabilisant. C’est très sale, les familles sont en recueillement devant les bûchers qui s’enflamment, l’odeur prend au nez et plusieurs autres groupes avec leur cadavre attendent qu’une place se libère. Une montagne de bois est rangée derrière.

Mourir à Varanasi permettrait de sortir du cercle sans fin des réincarnations.

On s’en éloigne pour se poser dans un café à l’écart. De là, on voit défiler les défunts, leur cortège répétant en cœur des mantra. Le nombre de personnes qui passe est sans fin.

On rencontre un autre couple français, également en voyage pour un an. Ils voyagent à 4, avec Marie-Denise leur tortue gonflable et leur accent toulousain.
En cuisine de rue on découvre une petite merveille, les eggs-roll. Une omelette cuite d’un coté d’une galette de pain, et une garniture à l’intérieur faite de nouilles, de légumes et de tout un tas de sauces. Délicieux, mais nos intestins s’en souviendront. Le lendemain matin c’est la catastrophe, l’état d’urgence est promulgué. Logan-Papaye

On comate toute la journée avant de transporter avec précautions nos estomacs jusqu’à la gare ferroviaire. On essaye tout, banane, riz, papaye, jus de citron, coca-cola (héhé, ca vaut le coup d’être malade). Et on enchaîne sans accidents majeurs la nuit dans le train. Arrivés le lendemain matin à Delhi, on retrouve nos copains Bulbul et Pradu chez qui nous étions restés les deux premières semaines à notre arrivée en Inde. On profite de nos retrouvailles.

C’est la coupe du monde de criquet en ce moment, qui se passe d’ailleurs en Inde. Et le soir même c’est le match de poule Inde contre Pakistan ! Le match à ne pas rater. Surtout pour nos hôtes, fans appliqués. Tout le monde est fou. Des dizaines de millions de personnes suivent la rencontre en Inde. Dans la rue on entend les exclamations des supporters à chaque lancé. Et c’est finalement l’Inde qui s’impose ! (Bon, Puffy s’est un peu emmerdé en regardant le match.)
Le lundi matin c’est le moment de faire le tour des ambassades. Nos passeports ont passé la semaine précédente à l’ambassade chinoise. On prit Shiva Vishnou et Jésus. Et ça marche ! On ressort avec nos visas chinois ! Maintenant le visa mongole. Le contraste est magnifique. 15 minutes après l’ouverture le matin, déjà une centaine d’indiens se pressaient pour postuler pour un visa chinois. Nous arrivons vers 12h à l’ambassade mongole, et nous constatons que nous sommes les deuxièmes visiteurs de la journée.
D’ailleurs « les ressortissants français étaient exemptés, jusqu’à janvier 2016, de visa pour un séjour touristique ». Raté, on arrive trop tard. On donne les papiers nécessaires et on récupère sans encombres le visa mongole 4 jours plus tard.
Visas : done.

Jeudi 24 c’est le Holi festival !

Le-HoliEn fonction de la pleine lune, cet évènement célèbre le début du printemps. Durant cette journée tout le monde se jette bombes à eau et poudres de couleurs. Le mercredi nous partons en voiture avec Pradu pour faire quelques visites et quelques courses. On se retrouve sans trop savoir comment à visiter une exposition sur le zoroastrisme. MasquesPuis à visiter une exposition sur les peintures rupestres en Inde et en Chine.
On fait quelques courses pour festoyer le lendemain. Les magasins ferment le jour du Holi. Notamment les magasins d’alcools, pour qui c’est « dry day ». En traduction, tout le monde fait méticuleusement le plein. On prend ensuite le métro pour aller rendre visite à Bulbul à l’écart du centre de Delhi. Sur le chemin du retour : « shit, where is the car key ? It was in my pocket ! »
Moment de panique. On fait demi tour, on cherche pendant un bon moment, rien. Impossible de retrouver le clefs. On retourne piteusement en direction de la voiture. Pradu habite à Gurgaon, 30 km du centre de Delhi. On était censé revenir chez lui le soir déguster un poulet mariné et repartir le lendemain matin en voiture pour rejoindre ses copains. Et fêter le Holi. On avise.
Plan B : on va directement chez Shayma et Ashmi. Mais l’alcool est resté dans la voiture ! On regarde la montre en sortant du métro, 21h57, le magasin de liqueur ferme à 22h pile ! Course contre la montre en chantant la musique de mission impossible. Arrivés une paire de minutes trop tard. Arf. Sans alcool la fête est plus folle.
Au moins, on arrivera pas les mains vides, dans le sac que nous avons il nous reste le café et la cafetière italienne que nous étions allé cherché chez Bulbul.
Et nous passons la soirée à rigoler en noyant notre chagrin dans un café délicieusement fort.
Finalement, on restera 2 jours dans ce chouette appartement. Shayma et Ashmi, 2 copines en coloc’ nous donnent une autre image de la femme en Inde. Indépendantes. Il y a quand même un peu de changement à ce niveau, en ville. Jour du Holi. On dévalise leurs placards pour sauver nos habits et on sort dans la rue, près pour l’assaut ! Beaucoup de violence. Enfants et parents bombardent les passants de bombes à eau du balcon du 4 ou 5ème étage tandis que d’autres embusqués utilisent leur pistolet à eau. Tout le quartier se jette des couleurs et personne n’y échappe. « Happy Holi ! » nous dit-on, avant qu’on se retrouve avec une couleur supplémentaire sur le visage. Tout le monde « joue ». Les armes principales sont l’eau et les couleurs mais on aperçoit quelques vicieux avec de œufs et mousse à raser.
Le jour suivant Pradu se fait refaire une clef et débloqué sa voiture. On retourne tranquillement à Gurgaon chercher nos affaires pour aller ensuite à la gare. On part le soir même pour Kokrajahr dans l’état d’Assam, nord est de l’Inde, pour faire du wwoofing dans une plantation de thé.
On se retrouve donc à la gare. -« tiens c’est marrant notre train n’est pas affiché ». Et oui, il y a au moins 4 gares ferroviaires à Delhi, et on a oublié de checker si celle de New Delhi était la bonne! Course contre la montre avec un super pilote de rickshaws pour rejoindre une autre gare. Ah ! notre train est affiché, plateforme 16 ! Nouvelle course. On arrive quelques minutes avant le départ.
Ouf. Et c’est parti pour 1850 km et 43h de train !  🙂 Plantation-de-The

2 Comments

  1. Hey les globetrotteurs ! Pensée pour vous en lisant ce petit article bien sympa, le Holi a l’air de s’être passé comme prévu : haut en couleurs ! Contents de voir que vous avez réussi, et que le wwoofing vous a plu !
    De notre coté on a finalement réussi à aller au Népal, mais pas à revenir en Inde….donc Holi au Népal pour les Kantchoun’s , et c’était génial! En direct de la Thaïlande maintenant, on attend la suite de vos aventures, on vous raconte aussi les nôtres! amusez vous bien !

    Les Toulousains

    • Lea-Logan

      13 avril 2016 at 8 h 39 min

      Hé, ca a du être un chouette moment de galère pour vous la frontière. 🙂 Profitez bien de la suite, on vous suit ! A la prochaine en France ou ailleurs!

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